Formation MRV GES #2 à Rabat

27 février 2019

La 2e session de formation des 13 villes du Club des Villes MobiliseYourCity Maroc aux méthodes de suivi et d’évaluation des émissions de gaz à effet-de-serre (GES) émis par les transports urbains s’est tenue à Rabat.

Le Ministère de l’Intérieur marocain (Direction générale des Collectivités locales), le Partenariat MobiliseYourCity, l’Agence française de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) et le Cerema ont organisé à Rabat une formation à destination des cadres territoriaux en charge de la mobilité urbaine et de l’environnement. Cette journée a rassemblé une quarantaine de participants, partenaires et membres du Club des Villes MobiliseYourCity (Rabat-Salé-Temara, le Grand Casablanca, Oujda, Kenitra, Khouribga, Marrakech, Agadir, Beni-Mellal, El-Jadida, Fès, Safi, Settat, Khemisset).

La journée était articulée autour de trois modules :

– Finance-Climat et suivi-évaluation des émissions de gaz à effet de serre

– Mobilité urbaine et qualité de l’air

– Retour d’expériences internationales et marocaines

Les apports de la formation :

Le Fonds Mondial de Développement des Villes (FMDV) a présenté les mécanismes de financement des actions contribuant à la lutte contre le changement climatique, et l’intérêt du dispositif de Mesure-Report-Vérification des GES pour rendre les projets éligibles aux financements. La méthode SuReStandard, d’évaluation de projets d’infrastructures durables et résilients, qui repose sur un ensemble de critères de performance économique, sociale et environnementale, ainsi que l’outil SmartScan utilisé pour ces évaluations ont également été présenté. La Ville de Marrakech a fait part de son expérience de demande et d’acquisition de  financements pour la mise en œuvre d’actions de mobilité durable, notamment auprès du Fonds Mondial pour l’Environnement avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

La thématique de la qualité de l’air en lien avec les émissions des transports a été abordée sous plusieurs angles, notamment à travers les présentations des impacts des principaux polluants sur la santé et sur l’environnement, des principaux outils et méthodes de surveillance de la qualité de l’air ou encore les co-bénéfices entre les stratégies sectorielles d’amélioration de la qualité de l’air et de réduction des GES. D’autre part, la Ville d’Agadir a présenté les actions mises en œuvre dans le cadre de son PDU telles que : la création d’une 1ère ligne de BHNS, la piétonisation d’un quartier, la mise en place de station de Vélos en Libre-Service, PDA (Plan de déplacement des Agents communaux), une sensibilisation des citoyens, etc, …. Le Grand Agadir a également développé des systèmes de comptage du trafic routier, de mesure de la pollution de l’air, et d’évaluation des émissions associées à la mise en œuvre d’action de son PDU. Enfin, un observatoire de la mobilité a aussi été créé.

Dans un troisième temps, le Secrétariat d’Etat en charge du Développement Durable est intervenu pour présenter le Système National d’Inventaire des GES au Maroc, ses réalisations et ses perspectives. L’outil TRIGGER développé par la GIZ et l’IFEU[1] qui permet de calculer les émissions de GES mais aussi d’élaborer des scénarios climat à différents horizons en fonction des politiques et mesures de mobilité urbaine a aussi été exposé. Une version consolidée de cet outil devrait être livrée en avril 2019 pour que l’outil soit ensuite adapté au contexte de différentes villes marocaines.

Plus tard, la méthode de Diagnostic Energie Emissions des Mobilités (DEEM) a été présentée à travers trois expériences françaises : Lille, Toulouse et le Val d’Azette. Les DEEM qui se basent sur différents types d’enquêtes (Enquêtes Ménage Déplacements, enquête cordon[2] , enquêtes TCU[3]) permettent de faire un état des lieux avant l’élaboration d’un plan de mobilité, mais aussi de comparer des scénarios différents dans le but de proposer des actions efficaces et mieux acceptées lorsqu’elles reposent sur une compréhension fine des mobilités individuelles.

Enfin, la Ville d’Oujda a clos la journée, en exposant sa Stratégie d’Energie Durable. En 2015, un Inventaire de Référence des Emissions (IRE) a été établi sur la base de données réelles ou estimatives selon les types de véhicule, et sur la base de la consommation de carburant. L’objectif de la Ville est de réduire de 20% ses émissions de CO2, tous secteurs confondus à l’horizon 2020. Parmi les mises en œuvre du Plan d’Action d’Energie Durable (PAED), pour le secteur transport, peuvent être relevées : l’aménagement de 12 pôles d’échanges, l’amélioration de la livraison de marchandises en centre-ville, l’aménagement de couloir de bus et 3 BHNS (Bus à Haut Niveau de Service), la création d’un observatoire des déplacements. La Commune d’Oujda a également su développer des coopérations avec Lille (France), Dakar (Sénégal), Antirabe (Madagascar) en plus du soutien apporté par ses différents programmes et partenaires (MobiliseYourCity, CoMun, Jiha Tinou, Villes Vertes, APIELO, Finance Climat, Associations Marocaines des Eco-Villes, etc).

Les jours suivants ont permis de poursuivre l’accompagnement spécifique de 3 villes pilotes (Oujda, Rabat-Salé-Témara, Grand Casablanca) pour initier les cadres territoriaux à la pratique de l’outil TRIGGER.

Les prochains rendez-vous :

La troisième session d’accompagnement spécifique se tiendra d’ici le mois de juin 2019 et permettra de concrétiser et de finaliser l’adaptation de l’outil TRIGGER aux 3 villes pilotes. Ainsi un plan d’actions sera proposé pour l’adaptation et la diffusion du dispositif MRV-GES aux villes marocaines (collecte de données, développement de scénarios tenant compte de l’impact des mesures mobilité sur les émissions de GES et permettant la prise de décision). Enfin un guide sur le dispositif MRV-GES sera produit à destination des cadres territoriaux marocains.

[1] Société de consulting allemande spécialisée sur des problématiques liées à l’environnement et au développement durable.

[2] Une enquête cordon est une enquête de circulation « origine-destination » qui permet d‌’obtenir des informations sur des déplacements routiers. Elle consiste ainsi à interviewer des automobilistes ou des chauffeurs de poids-lourds sur le déplacement qu’ils sont en train de réaliser.

[3] Enquête annuelle sur les transports collectifs urbains.